Une autre vision de l'énergie #22

Dans cette newsletter #22

  • Les saisons du corps

  • J’ai lu : « Le viol, histoire d’un crime ordinaire »

  • Les 4 mouvements du vivant : comprendre la chromatothérapie

  • 17 conseils lecture pour cet été


Chères toutes et chers tous,

C’est une newsletter assez chargée en idées cette semaine : un résumé d’un article sur un sujet lourd, le viol ; une autre manière d’aborder l’énergétique pour sortir des débats sur « l’énergie, ça existe ou pas ? » ; et une belle série d’idées de livres pour cet été !

Je poursuis aussi sur les conseils anti-canicule, des conseils que vous ne verrez pas dans les messages de prévention à la télé !

Bonne lecture


Les saisons du corps

☯️ Pas grand-chose cette semaine du côté de la lune, alors je reprends quelques conseils de diététique chinoise adaptés à la canicule.

Je vous donne une liste d’ingrédients brute : à vous de voir ceux que vous pouvez intégrer davantage dans votre alimentation.

Légumes : Algues (agar-agar pour faire des gelées, algue gracilaire, nori), chicorée, scarole, frisée, chou chinois, pousse de bambou cru mais marinée dans du vinaigre, pousses de soja.

Fruits : Banane, carambole, citron, kaki, melon, noix, eau de coco, pamplemousse, pastèque.

Viandes/poissons (choix assez limité…) : Cheval, escargot, cervelle de porc.

Divers : sauce soja (surtout salée)

🤲🏼 Et poursuivons notre cycle tout juste commencé du Tibetan Pulsing. Le 2e organe sur les 24 est le cœur, il est à activer du 7 juillet au 21 juillet.

Vous pouvez faire cette mudra pendant ces 2 semaines en ayant comme intention de travailler plutôt sur la dimension physique du cœur, ou sur sa dimension émotionnelle.

Pour sa dimension physique, cela va concerner des situations comme des faiblesses du cœur, des dysfonctionnements cardiaques, l’angine de poitrine, d’anciens infarctus du myocarde, des maladies du sang… Attention, je ne dis en aucun cas que ça va soigner ces problèmes, mais que ça peut être une couche de plus qui aide pour ces problèmes.

Pour la dimension émotionnelle, cela concerne l’amour ou la haine de soi, la compassion, l’amertume…

La mudra s’effectue en joignant les mains à hauteur du cœur, comme pour une prière. Posez votre attention sur le mouvement d’élargissement du thorax lors de la respiration, imaginez qu’il masse votre cœur. Pratiquez 5 minutes, puis déposez vos mains sur vos cuisses ou vos genoux, et restez au contact de vos ressentis pendant 5 minutes encore.

TP mudra 02 coeur

Le bloc suivant change de registre. Sujet difficile, mais qu’on ne peut esquiver.


J’ai lu : « Le viol, histoire d’un crime ordinaire »

Je vous résume un article de Sciences humaines de février 2025, du journaliste Achille Weinberg, qui pose un constat sans appel : le viol n’est pas un accident de l’histoire, mais un phénomène constant, structurel, indissociable de la domination masculine.

Le texte s’ouvre par l’histoire de la grand-mère du journaliste, alors adolescente, travaillant au début du XXe siècle comme domestique chez des notables, et violée de multiples fois par ses employeurs. Au-delà de la violence de l’acte lui-même, c’est le silence qui entoure qui rajoute de la souffrance à la souffrance. Le viol demeure un secret de famille, comme si rien ne pouvait être dit ni reconnu.

À partir de cet exemple, l’analyse s’élargit pour montrer que ces situations ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une longue histoire où les violences sexuelles accompagnent les rapports de pouvoir. Qu’il s’agisse des sociétés esclavagistes, des systèmes féodaux ou des relations de travail, le viol apparaît comme un prolongement de la domination. Il ne relève pas seulement d’un individu, mais d’un cadre social qui le rend possible, et parfois acceptable.

Un point central ressort de cette lecture : pendant longtemps, le viol n’a pas été pensé comme une atteinte à la personne, mais comme une atteinte à l’ordre social. La gravité ne résidait pas tant dans la violence subie par la femme que dans l’atteinte à l’honneur de la famille. Cela éclaire des pratiques aujourd’hui aberrantes, comme l’obligation pour la victime d’épouser son agresseur pour « réparer » la faute.

Cette violence est souvent invisible là où elle est la plus fréquente. Les viols liés au patriarcat, commis par des maîtres, des maris, des supérieurs, ont été à la fois les plus répandus et les moins sanctionnés. Se produisant dans des espaces considérés comme privés ou légitimes, ils devenaient plus difficiles à nommer et à punir.

Le mariage illustre parfaitement cette normalisation. Dans de nombreuses sociétés, le consentement de la femme n’était pas au cœur de l’institution. La contrainte sexuelle y était intégrée, voire vue comme un droit implicite du mari. Ce qui est aujourd’hui reconnu comme une violence a longtemps fait partie de l’ordre établi.

L’article retrace ensuite une évolution lente : le passage d’une tolérance de fait à une condamnation progressive. Ce basculement est récent et incomplet. Pendant des siècles, ces violences ont été minimisées, ignorées ou justifiées. Aujourd’hui encore, leur reconnaissance reste difficile.

Pourtant, un changement est observable. La parole se libère, les affaires deviennent visibles, les poursuites se multiplient. Des figures puissantes, autrefois intouchables, sont désormais mises en cause. Cela ne signifie pas nécessairement que les violences augmentent, mais qu’elles deviennent socialement inacceptables.

C’est là que réside un paradoxe saisissant : les violences sexuelles semblent plus présentes dans l’espace public, mais c’est en réalité leur refus qui grandit. Ce qui était autrefois toléré devient insupportable. Il existe un écart entre ce que les individus attendent légitimement, à savoir ne pas subir de violence, et la réalité des faits.

Enfin, le texte invite à dépasser la lecture individuelle. Le viol ne peut se comprendre isolément ; il doit être replacé dans des structures de pouvoir, des habitudes sociales et une histoire longue. C’est seulement en agissant sur ces cadres que les choses peuvent évoluer.

Ce que je retiens de cet article, c’est ce déplacement du regard essentiel : on passe d’une vision du viol comme événement isolé à la compréhension d’un phénomène ancien, diffus, longtemps normalisé, et aujourd’hui contesté de manière plus radicale. Bien que le viol restera toujours une épreuve psychologique individuelle, ce déplacement sera pour certain‧e‧s une manière de desserrer l’étau.


Comprendre la chromatothérapie : les quatre mouvements du vivant

Beaucoup de personnes qui s’intéressent aux médecines traditionnelles butent sur le même concept, qu’on dise énergie, qi, prana, ki… un principe immatériel qui animerait la matière. Et pour cause, si ça ne se mesure pas, ça n’existe pas selon nos critères scientifiques.

J’écris donc ces lignes pour proposer un autre cadre à ce concept d’énergie.

La chromatothérapie que je pratique en cabinet s’appuie sur un modèle issu de la médecine chinoise. Et sa pratique et sa théorie m’ont permis de comprendre différemment l’énergétique.

Pour cela, il suffit d’observer le monde vivant. On s’aperçoit qu’on peut toujours le décrire selon 4 processus :

  • accélération (la matière se déplace plus vite): une diarrhée est une accélération du transit ;

  • ralentissement (la matière se déplace moins vite) : un stress post-traumatique est un figement, cas extrême du ralentissement, comme si la vie n’avait pas vraiment repris ;

  • expansion (la matière prend plus de place) : un œdème fait occuper au corps plus de place dans l’espace ;

  • rétraction (la matière prend moins de place) : des pellicules sont comme une perte de matière.

La médecine chinoise décrit ces mêmes processus avec un autre langage, qu’on appelle les énergies climatiques :

  • le chaud correspond à l’accélération ;

  • le froid correspond au ralentissement ;

  • l’humide correspond à l’expansion et à la prise de volume ;

  • le sec correspond à la rétraction et à la perte de substance.

Ces processus se retrouvent dans tous les systèmes du corps : digestion, sommeil, circulation, psychisme, système hormonal, etc.

L’idée de la médecine chinoise est que la santé dépend d’un équilibre toujours mouvant entre ces différents processus.

Cet équilibre est influencé par plusieurs facteurs.

D’abord, chacun possède un terrain particulier. On nait tous avec une difficulté à produire un de ces processus.

Ensuite, les événements de vie peuvent modifier durablement cet équilibre : traumatismes, accidents, maladies, chocs émotionnels, interventions chirurgicales, etc.

Enfin, la vie elle-même suit une trajectoire générale du chaud-humide vers le froid-sec. L’enfance est souvent marquée par davantage de mouvement, de chaleur et d’humidité. Avec l’avancée en âge apparaissent plus volontiers des phénomènes de froid, de ralentissement et de sécheresse.

C’est ici qu’intervient la couleur : pour le docteur Agrapart, qui a développé cette approche, l’organisme reconnaît certaines fréquences lumineuses comme l’expression de l’un de ces quatre processus. Ainsi, le bleu est interprété comme de la sécheresse, l’orange comme de la chaleur, le vert comme de l’humidité et le rouge comme du froid.

L’exposition à la couleur pourrait alors inciter le corps à produire plus de tel ou tel processus, et donc rééquilibrer l’organisme entier, psychisme compris.

Par exemple, lorsqu’une articulation blessée manque de chaleur réparatrice, l’application d’une fréquence correspondant au froid peut conduire l’organisme à produire davantage de chaleur afin de retrouver son équilibre.

La chromatothérapie cherche ainsi à soutenir les capacités d’adaptation du corps en travaillant sur ces grands processus du vivant.

Ainsi, le choix des couleurs ne repose pas sur des préférences personnelles. Il ne s’agit pas de choisir une couleur parce qu’on la trouve agréable ou parce qu’elle nous apaise spontanément. Le choix découle de l’analyse des processus à l’œuvre chez la personne et de la manière dont la couleur est censée interagir avec eux.

J’apprécie particulièrement la chromatothérapie pour l’étendue de ses possibilités d’action. Dans ma pratique, je l’utilise aussi bien pour accompagner certaines suites d’accidents physiques que pour soutenir des personnes traversant un deuil, un choc émotionnel ou un stress post-traumatique. J’ai également été souvent surpris par les effets observés sur certaines brûlures, qu’elles soient récentes ou anciennes.

Enfin, la chromatothérapie ne se limite pas à intervenir lorsqu’un problème apparaît. Elle peut aussi être utilisée pour accompagner le terrain au fil du temps, dans une démarche de prévention et de soutien global de la personne.

Cette explication vous rend-elle moins ésotérique la notion d’énergie ?


17 conseils lecture

Je vous partage ici la revue de presse du numéro de juillet 2026 du magazine Psychologies : 17 livres résumés en quelques lignes, pour vous faire gagner du temps. cela vous donnera quelques idées de lectures d’été ☀️

Personnellement, trois livres m’intriguent particulièrement :

1) Le Témoin, j’ai l’impression qu’il parlera de spiritualité de manière très incarnée ;
2) celui sur la musique comme outil de soin : j’espère qu’il y a des références concrètes de morceaux à tester pour sentir les effets ;
3) le récit de Siri Hustvedt autour du deuil et de la présence des absents.

Si l’un de ces titres vous parle, je suis curieux de savoir lequel, et pourquoi.

SPIRITUALITÉ

Le Témoin, conseils pour l’exercice spirituel au quotidien, Abdennour Bidar et Inès Weber

Ce livre propose une spiritualité ouverte, sans obligation religieuse particulière. Il invite à explorer le silence, la méditation, la lecture et l’observation intérieure pour développer une relation plus profonde à soi-même.

Le Témoin

PSYCHOLOGIE

Pourquoi avons-nous peur ?, Sébastien Bohler

Sébastien Bohler explore les mécanismes cérébraux de la peur et leur rôle dans notre époque marquée par les crises, l’incertitude et l’écoanxiété. Il montre comment nos peurs influencent nos comportements et propose plusieurs pistes pour retrouver un peu de recul et de stabilité.

Au saccage des petits bonheurs, Boris Cyrulnik

Boris Cyrulnik s’interroge sur ce qui permet à une société de rester humaine. Il défend l’importance des repas partagés, de la conversation, de la politesse, des rituels et de tous ces petits gestes qui entretiennent le lien social. Une réflexion sur ce qui nourrit une civilisation au quotidien.

Petit Éloge des nuages, Virginie Troussier

À travers les nuages, l’autrice nous invite à retrouver le goût de la contemplation. Le livre mêle poésie, voyage, histoire et observation du ciel pour rappeler combien le monde vivant peut encore nous émerveiller.

Les Trois Secrets des couples qui durent, Christian Richomme

Ce thérapeute de couple insiste sur l’importance de parler-vrai, d’exprimer ses besoins et d’entretenir volontairement la relation. Un livre pratique qui présente l’amour comme une dynamique à cultiver plutôt qu’un état acquis.

PHILOSOPHIE

Contre la brutalisation de nos existences, Paul Klotz

Paul Klotz critique une société qui éloigne les individus de leurs sensations, de la nature et de l’expérience directe. Il plaide pour un retour à l’attention sensible, à l’observation et à l’émerveillement comme formes de résistance.

SANTÉ

Soigner avec la musique, nouvelles des neurosciences, Isabelle Peretz

Les recherches récentes montrent que la musique agit bien au-delà du plaisir esthétique. Elle influence la mémoire, les émotions, certaines douleurs et même certaines maladies neurologiques. Un ouvrage qui fait le point sur ce que la science découvre aujourd’hui.

Se soigner avec la musique

Ne vieillissez pas, vivez !, François Sarkozy

François Sarkozy présente les avancées récentes sur le vieillissement et la longévité. Il rappelle cependant que les habitudes de vie restent fondamentales : activité physique, alimentation, liens sociaux et prévention demeurent les meilleurs alliés du vieillissement en bonne santé.

SOCIÉTÉ

Sanctuaires, Abel Quentin

À travers un roman à thèse, Abel Quentin interroge les promesses de l’intelligence artificielle et les risques d’un monde toujours plus technologique. Le livre défend l’idée de préserver certains espaces pleinement humains face à l’automatisation croissante.

RÉCITS

La Vie prodigieuse d’Hélène Gordon-Lazareff, Ysèult Williams

Cette biographie retrace le parcours de la fondatrice du magazine Elle. Elle raconte une femme libre, brillante et indépendante qui a marqué la vie intellectuelle et médiatique française du XXe siècle.

Ghost Stories, Siri Hustvedt

Après la mort de son mari, Siri Hustvedt raconte les derniers mois de leur vie commune puis l’expérience du deuil. Un livre intime sur la perte, la mémoire, les liens invisibles et ce qui continue parfois à vivre en nous après une disparition.

Ghost stories

Le Passage, Mathieu Persan

Dans ce récit graphique, un père et sa fille traversent chacun une crise profonde. L’ouvrage explore la dépression, la souffrance psychique et les liens familiaux avec beaucoup de sensibilité et une grande force visuelle.

ROMANS

Les Dessous de la femme de ménage, Emeric Lebreton

À partir du phénomène mondial La Femme de ménage de Freida McFadden, le psychologue Emeric Lebreton analyse les mécanismes psychologiques qui rendent cette saga si addictive. Emprise, manipulation, traumatismes, relations toxiques et jeux de pouvoir sont décortiqués à travers les personnages et l’intrigue. Une manière originale de prolonger la lecture du roman tout en explorant certains mécanismes de la psychologie humaine.

Vertiges, Rebecca Taylor McKay

Lors d’une lune de miel en Italie, un jeune couple voit son apparente harmonie se fissurer. Un thriller psychologique autour du mensonge, des apparences et des zones d’ombre du couple.

Un jour sans femme, Laetitia Colombani

Le roman suit plusieurs femmes vivant dans des contextes très différents, mais confrontées à des formes de domination ou d’injustice. Une histoire chorale sur la solidarité, la dignité et la capacité à transformer sa vie.

La Famille, Sébastien Rongier

Trois amis liés depuis l’enfance voient leurs trajectoires s’éloigner puis se recroiser. Le livre parle d’amitié, de famille, de loyautés et des blessures qui continuent parfois à façonner une existence entière.

L’Homme qui n’avait pas assez d’une vie, Douglas Kennedy

Douglas Kennedy construit un thriller autour des secrets de famille, de l’identité et des vies parallèles. Un roman dense qui interroge ce que l’on transmet, ce que l’on cache et les conséquences de certains choix anciens.

Il y a du choix !


Bon courage à vous pour supporter les chaleurs du moment,

Et à la semaine prochaine, si la Vie nous prête vie !

Fabrice Nowak, somatothérapeute à Montpellier

(ce que j’accompagne le plus ces derniers temps : les épreuves de vie non digérées, les deuils anciens comme récents et l’anxiété généralisée)

PS Et pour faire le lien entre les processus du vivant et la canicule, la chromatothérapie est intéressante en cas de fortes chaleurs pour aider le corps à ne pas garder les séquelles d’une exposition à la chaleur trop prolongée. Des séances courtes en cabinet, que de chromatothérapie, sont possibles et sont au tarif de 50 euros. Contactez-moi si vous souhaitez en bénéficier.


Carnet d’avancement des lectures matinales
Les cinq invitations : p. 327/402
De chair et d’âme : p. 201/247
Comment peut-on être zen ? : p. 167/210
Je savourerai la vie jusqu’à mon dernier souffle, du Pr Rhee Kun Hoo : p. 129/324
Ce que j’aimerais te dire : p. 117/241
Le deuil ne se tait pas : p. 57/254


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