La Grande Limite #31
Dans cette newsletter #31
Les saisons du corps
Pas si simple : « Je vais mourir » ou « Je suis mortel‧le » ?
À la découverte de Viktor Frankl (2/4)
Citation : Se développer, vraiment ?
Chères toutes et chers tous,
Je poursuis, jusqu’au chiffre 7, mon tour de la numérologie en guise d’intro. Newsletter 31, donc 3 + 1 = 4, le chiffre de la persévérance, du cadre, de la limite…
Quoi de mieux pour le thème de la mort, l’ultime limite (encore que…), de notre 2e rubrique, quand le corps est entre 4 planches ? Mais notre condition de mortel‧le, c’est aussi celle qui donne son sens à la condition humaine, selon Viktor Frankl dont je poursuis aujourd’hui la présentation.
Bonne lecture à vous !
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Les saisons du corps
🌑 Cette semaine, nouvelle lune le 11 septembre. Le moment idéal pour alléger l’alimentation 2 ou 3 jours avant ! Je vous remets la page des conseils ici
☯️ Je vous recommande une petite recette liée à la médecine traditionnelle chinoise pour ce mois de septembre.
Elle est proposée par Isabelle Zowczak, praticienne en médecine traditionnelle chinoise, que j’aime bien, et qui propose sur sa chaîne YouTube en tout début de chaque mois des exercices de qi gong, un programme d’acupression, une tisane et une petite recette adaptée au mois, d’un point de vue énergétique.

Je vous délivre donc sa recette. Il s’agit d’une petite soupe épaisse de carottes, panais et poire, qu’on fait cuire et qu’on mixe, et à laquelle on ajoute un peu de sésame noir. À consommer 2 ou 3 fois dans la semaine. Cette recette combat la sécheresse, prépare la peau à l’automne à venir et stimule les défenses.
Si vous voulez les détails, les explications de pourquoi chaque ingrédient, je vous recommande sa chaine !
Et on démarre demain un nouveau cycle de Tibetan Pulsing, méthode qui invite à purifier et stimuler un organe toutes les 2 semaines, selon un calendrier annuel fixe.
Du 7 au 22 septembre, c’est au tour des bras d’être stimulés et purifiés, d’un point de vue énergétique.
Selon ce système, les bras aident à développer l’équilibre, en tant que qualité spirituelle.
Cette mudra accompagne les traitements des phobies. (J’ai bien dit « accompagne », ce n’est pas un traitement pour les phobies en soi…)
La mudra s’effectue ainsi : Mettez les paumes une en face de l’autre, à hauteur des épaules, écartées d’une trentaine de centimètres. Restez ainsi 5 minutes. Puis relâchez les bras, posez les mains sur les cuisses ou les genoux, et soyez attentif‧ve pendant 5 minutes à vos sensations.

Pas si simple : « Je vais mourir » ou « Je suis mortel‧le » ?
Un petit article du Philosophie Magazine de septembre 2026 concernant le projet de loi sur l’aide à mourir m’a rappelé un souvenir de terminale, en cours de philosophie (7 h par semaine, c’était le bon temps !).
Notre professeur de philosophie, un original, se battait contre l’obligation de réfléchir à coups de citations philosophiques et nous invitait plutôt à réfléchir en faisant des distinctions conceptuelles : besoin/désir, légal/légitime, de fait/de droit, je dois/je suis obligé‧e, etc.
Et parmi celles qui m’ont marqué, il y avait celle-ci : « Je vais mourir » n’est pas la même chose que « Je suis mortel‧le ».
« Je vais mourir » place la mort en fin de vie, toujours après, comme si elle ne pouvait jamais concerner le présent. « Je suis mortel‧le » niche la possibilité de la mort dans chaque instant.
Une question plus large se cache derrière cette différence, une question métaphysique qui a irrigué les débats récents sur l’aide à mourir, le suicide assisté et l’euthanasie : la mort fait-elle partie de la vie, ou en est-elle au contraire la négation ?

D’un côté, Épicure (341-270 av. J.-C.) considère que la mort reste extérieure à notre existence. En effet, tant que nous sommes là, elle n’est pas là ; et lorsqu’elle est là, nous ne sommes plus. Autrement dit, nous pouvons vivre avec l’idée de notre mort, mais jamais vivre notre mort elle-même.
Dans le même sens, pour Spinoza (1632-1677), tout être s’efforce de persévérer dans son existence. Par conséquent, la mort peut être pensée comme la négation de cet effort pour continuer à être plutôt que comme une partie de la vie.
Pour Épicure et Spinoza, aider à mourir semblerait donc contradictoire : la mort n’appartient pas à la vie, elle vient même la nier.
À l’inverse, les stoïciens intègrent la mort à l’existence. Ainsi, pour Sénèque (vers 4 av. J.-C.-65 apr. J.-C.), ce qui compte n’est pas tant combien de temps nous vivons, mais comment nous vivons jusqu’à notre terme.
Montaigne (1533-1592) va dans le même sens lorsqu’il affirme que « ce n’est pas de vivre qui est désirable, c’est de vivre bien ». Dès lors, si la valeur d’une vie ne se mesure pas seulement à sa durée, la manière dont elle se termine peut elle aussi entrer dans la réflexion sur ce qu’est une vie bonne.
Ainsi, chez Sénèque et Montaigne, puisqu’une vie bonne ne se résume pas à une vie la plus longue possible, la façon de mourir peut elle aussi compter. Aider à « bien » mourir peut alors relever de la dignité d’une vie humaine.
Ces différentes façons d’envisager la mort nous parlent donc aussi de notre rapport à la vie et engagent des philosophies de vie différentes.
« Je vais mourir » : ma mort est un événement, certes inéluctable, qui m’attend dans le futur et qui peut donc rester longtemps à distance de ma vie présente. Cette pensée permet sans doute de vivre avec plus de légèreté. Mais au moment de mourir, ne risque-t-on pas de se demander si l’on n’a pas gaspillé une partie de notre temps en refusant de regarder notre condition mortelle en face ?
« Je suis mortel‧le » : ma finitude fait déjà partie de mon existence présente. Cette pensée est à double tranchant : elle peut devenir un fardeau, mais aussi un appel à savourer le présent, précisément parce qu’il ne durera pas.
Alors, vous êtes dans quelle team : « Je vais mourir » ou « Je suis mortel‧le » ?
À la découverte de Viktor Frankl (2/4)
Nous poursuivons avec Viktor Frankl. Beaucoup le connaissent parce qu’il a survécu à Auschwitz. Pourtant, trois épisodes de sa vie permettent de comprendre sa pensée.

Le premier est son désaccord avec Freud et Adler. Jeune psychiatre, Frankl admire les deux fondateurs de la psychologie viennoise. Mais il trouve leurs théories incomplètes. Freud met l’accent sur les pulsions. Adler insiste sur la volonté de puissance. Frankl pense qu’il manque une dimension essentielle : la recherche de sens.
Le deuxième épisode est son choix de rester à Vienne. En 1941, il obtient un visa pour partir aux États-Unis. Il aurait pu sauver sa vie. Après une longue réflexion, il décide pourtant de rester auprès de ses parents, sachant qu’ils risquent d’être déportés. Ce choix montre que, pour lui, certaines valeurs comptent davantage que la simple survie.
Le troisième épisode se déroule dans les camps de concentration. Frankl perd le manuscrit d’un livre auquel il travaillait depuis plusieurs années. Pendant sa détention, il commence à le reconstituer de mémoire sur de petits morceaux de papier. Ce projet devient une raison de continuer à vivre, ce qui illustre sa théorie. Après la guerre, ce manuscrit donnera naissance à l’un des livres de psychologie les plus lus au monde.
Ces trois épisodes racontent déjà beaucoup de sa philosophie. Mais ce que je trouve surtout intéressant chez Frankl, c’est qu’il ne s’est pas contenté de théoriser l’importance du sens, des valeurs et des engagements : il a essayé de vivre à la hauteur de ce que sa propre théorie exigeait de l’être humain.
Rester auprès de ses parents alors qu’il pouvait partir, continuer à écrire dans les camps : ses idées n’étaient pas seulement quelque chose qu’il pensait, mais quelque chose qu’il essayait de vivre.
La semaine prochaine, je vous livre 4 idées à retenir de sa théorie.
Citation : Se développer, vraiment ?

Et je termine avec une petite citation de Krishnamurti, dont j’ai attaqué la lecture début août. Elle va à rebours même du concept de développement personnel, et titillera celles et ceux que ce domaine intéresse.
Le développement du moi sous toutes ses formes, que ce soit par la richesse ou par les vertus, est une source de conflits, une cause d’antagonismes et de désordre. Un esprit affligé du désir de devenir n’est jamais en paix, car la paix ne peut se gagner ni par des pratiques d’aucune sorte, ni avec le temps. La tranquillité est un état de la compréhension, et devenir est contraire à cette compréhension. Devenir fait naître le sentiment du temps, et ce sentiment ne peut que retarder la compréhension. Le « je serai » est une illusion causée par l’importance que s’attribue le moi.
Krishnamurti, Commentaires sur la vie
Alors on relâche la pression 😉
Et puisque le thème de ce numéro était la limite, je vais respecter celle de cette newsletter et m’arrêter là. Bonne semaine à vous !
Fabrice Nowak, somatothérapeute à Montpellier
(ce que j’accompagne le plus ces derniers temps : la migraine, les deuils anciens comme récents et l’anxiété généralisée)
PS Je vous parlais d’une formation en ligne que je lance bientôt sur la migraine, pour aider à en réduire la fréquence, l’intensité et la durée. C’est plus de boulot que je ne l’imaginais : tout est clair dans ma tête, mais la mise en matière demande du temps. J’ai terminé la partie purement écrite, et quasiment toutes les illustrations. Je m’attaque aux fiches-résumé à télécharger, et ensuite aux vidéos (donc tournage + montage ! Appelez-moi Spielberg 🎥)
Carnet d’avancement des lectures matinales
Le deuil ne se tait pas : p. 241/254
Commentaires sur la vie : p. 105/1191.
Théo ou la batte de la victoire (en DVD) : épisode 17/100.
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