Evacuer la chaleur (entre autres) #21
Dans cette newsletter #21
Les Saisons du corps
J’ai lu : Changer nos la vie par nos fictions ordinaires
Les stades de l’accompagnement
Citation : Fins et impermanence
Bonjour à toutes et tous,
Qui eût dit il y a 21 semaines que je vous enverrais encore ma newsletter 21 semaines plus tard ? Ravi des retours, et de savoir qu’elle vous apporte toujours une petite idée qui vous fait voir les choses un peu différemment.
Contrairement à ce que j’avais annoncé, je n’ai pas repris déjà le format en série, mais c’est pour bientôt !
Et petite nouveauté/fierté de cette édition : j’ai unifié le style des illustrations. J’espère avoir le courage de le faire à chaque fois pour donner une petite identité à cette newsletter !
Bonne lecture
Les saisons du corps
🌕 Le 30 juin, soit mardi, nous aurons la Pleine Lune, moment pour faire le plein d’énergie. Je vous remets le lien pour des conseils à appliquer 3 jours avant, comme notre fameux point E36.
☀️ 🍵 Vu les grosses chaleurs, je vous conseille le thé blanc Pai Mu Tan (Bai Mu Dan). En médecine traditionnelle chinoise, les thés blancs sont réputés pour leur nature rafraîchissante et leur capacité à aider l’organisme à dissiper l’excès de chaleur accumulé au cours de la journée. Il ne procure pas forcément une sensation immédiate de fraîcheur, mais aide à rééquilibrer l’organisme après une journée très chaude. Sa saveur douce et sa teneur modérée en théine en font un compagnon agréable des soirées d’été, à condition que vous soyez sensible ou non à la caféine.
☀️🪡En médecine traditionnelle chinoise, certains points peuvent aider l’organisme à mieux supporter les fortes chaleurs.
Prenez 1 minute pour masser en conscience chacun de ces points, en respirant calmement et en restant attentif à vos sensations. Vous pouvez répéter l’exercice 2 à 3 fois par jour pendant les périodes de canicule. Si vous en ressentez le besoin, vous pouvez stimuler certains points plus longtemps.
• GI11 : ce point aide à éliminer la chaleur. Il se situe à l’extrémité externe du pli du coude lorsque le bras est fléchi.

• VG14 : il aide à disperser la chaleur accumulée dans le corps. Il se situe à la base de la nuque, dans le creux situé juste sous la vertèbre la plus saillante lorsque vous penchez la tête en avant.

• MC8 : ce point est réputé apaiser la sensation de chaleur interne et l’agitation. Il se situe au centre de la paume de la main, à l’endroit où vient naturellement se poser l’extrémité du majeur lorsque vous fermez légèrement le poing.

En bonus, pour les personnes qui ont un terrain cardiaque sensible ou qui vivent mal la chaleur avec des palpitations légères, de l’agitation ou une sensation d’oppression liée à la chaleur :
• MC6 : ce point calme le Cœur et ouvre la poitrine. Il se situe sur la face interne de l’avant-bras, à environ trois largeurs de doigt au-dessus du pli du poignet, entre les deux tendons centraux (l’illustration montre le doigt près de la main un peu trop sur la main, on démarre vraiment au pli du coude).

Certaines personnes aiment également prolonger l’effet en utilisant des graines ou des billes d’acupression placées sur les points pendant quelques heures. D’autres apprécient de mettre des huiles essentielles sur les points : vous pourriez tenter d’imbiber un coton-tige d’huile essentielle de menthe, et de simplement en déposer sur les points.
Ces conseils ne remplacent pas les mesures classiques de protection contre la chaleur : boire régulièrement, rechercher la fraîcheur, se reposer et demander un avis médical en cas de malaise ou de symptômes importants.
🤲🏼 Et jusqu’au 6 juillet, nous sommes toujours sur la mudra du hara enTibetan Pulsing (voir newsletter #20 du 21 juin pour les indications pratiques) : 5 minutes par jour, puis 5 minutes sans rien faire, en mettant son attention sur les sensations du corps.

J’ai lu Changer la vie par nos fictions ordinaires

Votre humble serviteur a enfin terminé un livre qu’on lui avait offert il y a plus de 6 mois, un livre qui fait le lien entre mes études littéraires et ma pratique de thérapeute.
En théorie littéraire, une idée est connue depuis longtemps : les récits ne se contentent pas de représenter le monde, ils agissent aussi sur lui.
Mais que se passe-t-il lorsque l’on applique cette idée à des pratiques comme le tarot, les amis imaginaires, les conversations avec les morts ou les jeux de rôle ? Car on ne parle pas facilement du tarot ou du fait de consulter une voyante : on sait qu’on peut être jugé comme quelqu’un d’un peu simplet.
La philosophe et théoricienne de la littérature Nancy Murzilly propose une réponse qui décentre le débat qu’on a souvent à propos de ces pratiques : plutôt que de demander si ces pratiques disent vrai, elle cherche à comprendre ce qu’elles rendent possible.
Peuvent-elles nous aider à créer du sens ? À traverser certaines épreuves ? À imaginer d’autres façons d’habiter notre vie ?
J’ai lu son livre Changer la vie par nos fictions ordinaires et j’en ai tiré cinq idées qui m’ont particulièrement intéressé, en les mettant en dialogue avec la thérapie et les récits de vie.
Et ayant terminé deux livres de mes lectures matinales, j’en ai démarré deux autres :
Ce que j’aimerais te dire, d’Emeric Lebreton et Le Deuil ne se tait pas, de Marie Brasseur.
Quand une thérapie se termine-t-elle ? Les différents stades de l’accompagnement
Beaucoup de personnes en accompagnement finissent par se poser cette question sans oser la poser à leur thérapeute : est-ce que je dépense mon énergie et mon argent à bon escient ? Est-ce que je devrais m’arrêter ? Est-ce que continuer signifie que je ne vais pas mieux ?
Je vous propose ici un cadre issu de ma pratique, qui vise moins à répondre définitivement à cette question qu’à vous aider à vous la poser différemment.
Mon point de vue : une thérapie n’a pas de fin à proprement parler. C’est une succession de stades, chacun avec ses propres enjeux, et chaque stade peut constituer une fin légitime.
Je distingue personnellement quatre phases de l’accompagnement, qui se chevauchent plutôt qu’elles ne se succèdent avec des bornes fixes.
1) Le stade thérapeutique
On vient pour une souffrance que l’on juge handicapante, qu’elle soit récente ou installée depuis longtemps. Le signe que l’on change de stade, c’est que l’on ne se sent plus handicapé, ce qui est une appréciation entièrement subjective.
Quelqu’un qui vient pour un trouble anxieux ne sera pas « guéri » lorsqu’il n’éprouvera plus jamais d’anxiété (et d’ailleurs comme le saurait-il au moment où il arrête ?), mais lorsque l’anxiété cessera de gouverner sa vie.
Pensez au sportif qui s’est blessé au genou : il vient en rééducation parce qu’il ne peut plus jouer. Le signe qu’il change de stade, ce n’est pas l’absence totale de douleur : c’est qu’il peut à nouveau se mouvoir sans que la blessure dicte chacun de ses gestes.
Ce stade est souvent le seul que l’on imagine au départ. Mais la disparition de la souffrance n’est pas une fin en soi : c’est une porte vers une autre exploration.
C’est là que beaucoup de personnes s’arrêtent, parfois en étant au clair avec leurs besoins, mais parfois par manque de repères. Or, elles se trouvent précisément au seuil de ce qui peut devenir le plus fécond.
2) Le stade préventif
On choisit de continuer avec l’idée qu’en avançant encore, on se prémunit contre le retour de ce qui nous a affectés. On a une confiance nouvelle dans le processus, on sait que notre problème n’a pas une cause unique qui pourrait être éliminée une fois pour toutes. Lucide, on sait maintenant que l’on est capable de rechuter, et l’on préfère ne pas attendre que cela arrive.
Le sportif peut rejouer, mais il continue la rééducation en parallèle. Il sait désormais que son genou est un point faible, et l’avait toujours été. Il ne s’agit plus de se réparer, mais il s’agit de se renforcer, pour ne pas avoir à recommencer depuis le début.
3) Le stade exploratoire
On n’est plus orienté vers la cessation ou la prévention de la souffrance. L’accompagnement devient une exploration de soi.
On se dit : « Tiens, puisque ça a marché pour moi sur ce problème, j’ai envie de voir jusqu’où ça peut aller. » On perçoit un potentiel que l’on veut investiguer.
C’est le registre du développement personnel au sens le plus strict du terme : on veut développer des ressources dont on n’a pas conscience.
Le sportif, lui, ne cherche plus à retrouver son niveau d’avant. Il travaille maintenant aussi avec un préparateur mental pour aller au-delà, découvrir ce que son corps peut faire qu’il n’avait jamais exploré. La blessure, paradoxalement, est devenue un point de départ inattendu vers quelque chose de plus grand.
4) Le stade spirituel
Il ne s’agit plus ni de souffrance ni de s’améliorer. On veut se sentir en contact avec quelque chose de plus grand que soi, donner un sens inconditionnel à sa vie, qui ne dépende pas de la santé et de la maladie.
Ce stade dépasse généralement le cadre du thérapeute. Il appelle plutôt un accompagnement de type spirituel ou contemplatif. Ce n’est plus le ressort du thérapeute, mais du maître spirituel, du guru.
Le sportif, à ce stade, ne cherche plus la performance. Il s’intéresse au mouvement pour lui-même, au rapport à son corps comme présence. Ce n’est plus le territoire du kinésithérapeute ni du préparateur physique. Le mouvement devient une Voie.
Ce qu’il faut comprendre pour s’orienter en thérapie
Il n’existe pas de borne objective qui marquerait la fin d’une thérapie. En revanche, ce qui change tout, c’est la clarté avec laquelle vous abordez l’accompagnement à chaque étape. Savoir dans quel stade vous vous trouvez vous protège contre deux écueils opposés : vous arrêter sans avoir imaginé qu’il pouvait y avoir une suite, ou continuer sans savoir pourquoi.
Mon expérience m’amène à penser qu’il est toujours préférable d’être au clair sur le stade dans lequel on se trouve, ce qui n’empêche pas, parfois, de faire un pas en arrière. Et que cette clarté, vous seul pouvez vous la donner. L’accompagnement, quel qu’il soit, ne vise qu’à vous rendre cette autorité sur votre propre parcours.
Je suis curieux : aviez-vous déjà conscience de ces différents stades ?
Citation : Fins et impermanence
En parlant de fin de thérapie, voici une autre réflexion sur les différentes fins de nos vies, et de comment elles éclairent notre rapport à la mort. C’est une citation issue de mes lectures matinales du moment.
Vous voulez savoir ce que la mort peut nous apprendre ?
Commencez par être attentif aux fins : la fin d’une expiration, la fin d’une journée, la fin d’un repas, la fin de cette phrase.
Dans votre vie, comment abordez-vous les fins ? Est-ce que vous les contournez de manière inconsciente ? Est-ce que vous vous éclipsez, émotionnellement ou mentalement, avant la fin d’un événement ? Ou est-ce que vous êtes le dernier à quitter le parking, après avoir regardé les ultimes participants s’éloigner ? […]
La manière dont on termine une expérience façonne celle dont se manifeste la suivante. S’accrocher à la première rend difficile l’émergence de la seconde.
— Franck Ostaseski, Les cinq invitations
J’espère que cette lecture vous aura nourri, et que les conseils pour la chaleur vous permettront de mieux vivre cet épisode, appelé à être de plus en plus fréquent.
Bonne semaine à vous !
Fabrice Nowak, somatothérapeute à Montpellier
(ce que j’accompagne le plus ces derniers temps : les épreuves de vie non digérées, les deuils anciens comme récents et l’anxiété généralisée. Et quelques migraines dernièrement)
Carnet d’avancement des lectures matinalesMon corps au pays des merveilles : p. 463/463 : Enfin terminé, je l’avais commencé en février !
Les cinq invitations : p. 306/402
De chair et d’âme : p. 149/247
Comment peut-on être zen ? : p. 141/210
Je savourerai la vie jusqu’à mon dernier souffle, du Pr Rhee Kun Hoo : p. 95/324
Ce que j’aimerais te dire : p. 51/241
Le deuil ne sait pas : p. 41/254
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