A tout seigneur, tout honneur #32

Dans cette newsletter #32

  • Les saisons du corps

  • 16 idées lectures

  • À la découverte de Viktor Frankl (3/4)

  • Citation pas si simple : Modernité de Molière


Chères toutes, chers tous,

Cette newsletter suit son chemin.

Pour celles et ceux qui nous rejoignent, comme je suis mauvais en introduction, je me fais un petit cycle de numérologie, commencé par le 8, pour trouver un lien avec la newsletter du jour.

Le numéro 32 nous dit 3 +2 donc 5, ce qui nous dit innovation, curiosité, liberté.

Or, je vous annonce une innovation pour la rubrique Les saisons du corps. Hasard ? Non, je ne crois pas…

Or nous continuons notre parcours de Viktor Frankl, qui place la liberté de l’homme au cœur de son approche. Hasard ? Non, je ne crois pas.

Or, je vous livre 16 idées de lecture, pour nourrir votre curiosité. Hasard ? Non je ne ce crois pas. Et d’ailleurs, dans 16, on a 1 et 6, or 6-1 = 5… Hasard ? Que nenni ! Tiens, ça sonne comme du Molière… Or, la dernière rubrique de cette newsletter lui est consacrée…

Quand je vous dis que tout est lié 😉

Aussi, je m’éclipse, et vous souhaite une bonne lecture !

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Les saisons du corps

🌕Semaine sans rien de particulier niveau rythme lunaire.

🐉Pour simplifier l’avancée sur le Tibetan Pulsing, j’indiquerai juste quelle partie du corps est traitée.

Et pour celles et ceux qui veulent en savoir plus, j’ai créé un espace formation en ligne gratuit. J’y mets plus de détails que ce que je mets ici.

Donc cette semaine, on est encore dans la mudra des bras dont la qualité spirituelle est l’équilibre.

TP 06 Bras

Et voici pour avoir accès à tout le parcours, et plus de précisions (je n’ai pas encore rempli les parties « approfondir la mudra » mais ça ne saurait tarder), c’est gratuit et c’est ici :

Et vous pouvez envoyer ce lien à des ami‧e‧s intéressé‧e‧s par ce genre de pratique !


16 idées lectures

Et c’est le retour des suggestions de lectures. Cette fois-ci j’ai sélectionné et compilé les revues de presse de Psychologie magazine, Philosophie magazine et Sciences humaines magazine.

Psychologie

Pourquoi nous sommes heureux sans le savoir, Marc Welinski
Marc Welinski montre que nous cherchons souvent le bonheur ailleurs alors que nous pouvons déjà en éprouver sans vraiment le remarquer. Il s’appuie notamment sur la psychologie positive et la résilience pour apprendre à reconnaître ces moments. Et si devenir plus heureux commençait simplement par mieux repérer les moments où nous le sommes déjà ?

J’avais lu Pourquoi il est impossible de rater sa vie du même auteur, très stimulant. Aussi je compte me plonger dans celui-là.

Livre Pourquoi nous sommes heureux sans le savoir

Irvin Yalom et la thérapie existentielle et humaniste, Chantal Motto
La psychologue Chantal Motto présente la psychothérapie selon les principes d’Irvin Yalom autour de quatre grandes questions : la mort, la liberté, l’isolement et le sens de la vie. Elle explore sa pensée à travers la philosophie et des récits de thérapie qui ressemblent parfois à des nouvelles. Une bonne porte d’entrée pour découvrir un thérapeute qui transforme les grandes questions existentielles en matière à travailler sur soi.

Philosophie & idées

Le Bonheur à travers les siècles, Béatrice Mabilon-Bonfils
La sociologue Béatrice Mabilon-Bonfils rappelle que notre conception du bonheur possède une histoire et varie profondément selon les époques. Elle voyage des philosophes antiques aux neurosciences, en passant par les religions, Spinoza, Rousseau ou la psychologie positive. Quelques millénaires de recherche du bonheur permettent au moins de constater que nous n’avons toujours pas réglé la question.

Femmes, genre & société

Barbe Bleue, contre-enquête, Jennifer Tamas
La chercheuse en littérature Jennifer Tamas traite Barbe-Bleue comme un cold case et retrouve derrière le conte des réalités comme les mariages forcés ou les violences conjugales. Elle exhume aussi des versions écrites par des conteuses oubliées, où les femmes se sauvent elles-mêmes et où leur curiosité devient un instinct de survie. Barbe-Bleue devient alors une drôle d’autopsie du pouvoir masculin, trois siècles après Perrault.

Livre Barbe-bleue contre enquête

Les Filles-au-diable. Retrouver les « sorcières » de Steilneset (1620-2022), Christelle Taraud
L’historienne du féminisme Christelle Taraud inscrit les chasses aux sorcières dans une histoire beaucoup plus longue des violences contre les femmes. Elle relie ainsi les femmes exécutées dans la Norvège du XVIIe siècle aux féminicides et violences de masse contemporains. Et si ces violences, malgré leurs formes très différentes, racontaient une même histoire du pouvoir exercé sur les femmes ?

Réflexion sur le corps

Philosophie de la ménopause, Gloria Origgi
La philosophe Gloria Origgi propose de penser la ménopause comme un « climatère », une période de transformation dont chaque femme peut construire le sens. Elle critique aussi l’invisibilité des femmes ménopausées et imagine un rapport au temps moins soumis aux rythmes de la reproduction. Et si la ménopause constituait un véritable âge de la vie plutôt qu’un simple événement hormonal ?

Le Nouveau Visage, Nathalie Azoulai
L’écrivaine Nathalie Azoulai s’intéresse aux femmes qui recourent aux liftings et au Botox pour interroger notre rapport à l’âge. La chirurgie esthétique ferait apparaître une étrange « jeunesse ressentie », détachée de l’âge inscrit sur l’état civil. Et si ces visages devenus difficiles à dater annonçaient une nouvelle manière de vivre le vieillissement ?

Grand Traité des petits poils, Éric Fiat
Le philosophe Éric Fiat voit dans nos poils une petite partie du corps qui résiste étonnamment bien à notre désir de contrôle. Les raser, les couper, les teindre ou les laisser pousser devient alors une manière de travailler notre apparence et d’exprimer notre identité. Quelques poils suffisent finalement pour poser une grande question : jusqu’où notre corps peut-il devenir notre œuvre ?

La Mort devant soi. Enquête autobiographique, derniers chapitres, Rose-Marie Lagrave
La sociologue féministe Rose-Marie Lagrave montre que vieillir dépend aussi du sexe, du milieu social et des institutions. À plus de 80 ans, son cancer et la mort de ses proches deviennent le terrain d’une enquête sur la vieillesse, la dépendance et la fin de vie. Et si notre manière de vieillir était beaucoup moins naturelle que nous l’imaginons et révélait aussi la société dans laquelle nous vivons ?

Société & pouvoir

Nos vies encapsulées. Quel devenir pour l’humanité ?, Joël Chabot
Joël Chabot décrit notre existence moderne comme passée dans des « capsules » successives : logement, voiture, bureau, espaces sécurisés, capsules qui nous protègent tout en nous isolant. Cette recherche de confort et d’autonomie accompagnerait aussi la montée de l’individualisme et la disparition d’une partie de notre vie commune. Après ça, sortir simplement marcher dehors prend presque des airs de résistance.

Livre Nos vies encapsulées

Épidémies, frontières, États. Une histoire de la quarantaine, Patrick Zylberman
L’historien de la santé Patrick Zylberman montre qu’une quarantaine crée toujours une frontière entre ceux qui circulent et ceux qui restent à distance. Du choléra au Covid, ces frontières sanitaires ont aussi servi des rapports de pouvoir entre États, religions et populations. Et si contrôler une épidémie permettait aussi à l’État d’affirmer son pouvoir et de décider qui appartient au « dedans » ou au « dehors » ?

Récits

En l’absence de corps, Anne Plantagenet
L’écrivaine Anne Plantagenet tente de saisir l’énigme de son père après son suicide et découvre notamment son passé de jeune militaire en Algérie. Son enquête interroge ce que nous savons réellement de nos proches et la manière dont une personnalité se construit. Une histoire qui donne envie de poser certaines questions à ses parents pendant qu’il en est encore temps.

L’Inconnue du quai de la gare, Philippe Jaenada
L’écrivain Philippe Jaenada repart d’un cold case de 1956 autour du meurtre d’une femme retrouvée près d’une gare. Il reprend archives, témoignages et pistes pour redonner de l’épaisseur aux personnes cachées derrière le fait divers. Idéal pour ceux qui aiment les cold cases mais préfèrent qu’un écrivain fasse les heures d’archives à leur place.

Romans

Nous aussi, Anne Gordard
Le récit revient sur une enfance vécue au milieu d’une vaste famille où les enfants formaient presque un monde à eux seuls. Le souvenir de cette communauté se confronte ensuite à ce que les adultes sont devenus et aux récits que les familles construisent sur leur propre passé.

Livre Nous aussi

La Dernière des Wilberforce, Julia Kerninon
La romancière Julia Kerninon ramène Wolfie dans la propriété familiale où son enfance fut marquée par les vacances, les premiers désirs et un drame. Son retour fait remonter les secrets et pose une question : que s’est-il vraiment passé autrefois ? Un roman qui semble jouer sur ce moment où les souvenirs heureux de l’enfance cessent soudain d’avoir l’air si innocents.

Un marché noir, Béatrice Picon-Vallin
Le roman nous ramène dans l’URSS de 1943, où une jeune fille tombe amoureuse d’un officier français lié à la future escadrille Normandie-Niémen. Leur histoire se heurte à la guerre, aux frontières et aux bouleversements de la grande Histoire. Une romance où l’administration soviétique risque d’être un obstacle un peu plus sérieux que des beaux-parents grincheux.

Alors, qu’est-ce qui vous tente ? Personnellement, Pourquoi nous sommes heureux sans le savoir car j’avais apprécié le premier ouvrage de l’auteur et Nos vies encapsulées pour l’originalité de la réflexion.


À la découverte de Viktor Frankl (3/4)

Viktor Frankl

Et on poursuit notre découverte, sommaire, de Viktor Frankl, à partir d’un article de Sciences humaines magazine (voir dans les 2 newsletters précédentes).

Et cette semaine, 4 idées à retenir de sa théorie.

La première idée de Frankl est que la souffrance devient plus supportable lorsqu’elle retrouve un sens. Nous ne choisissons pas toujours ce qui nous arrive. En revanche, nous pouvons encore choisir la manière d’y répondre. Même dans les situations les plus difficiles, il reste une part de liberté.

La deuxième idée est que l’être humain ne se résume pas à ses pulsions. Frankl critique les théories qui expliquent nos comportements uniquement par notre passé, nos instincts ou nos automatismes. Selon lui, chacun garde une capacité de choisir et d’orienter sa vie.

La troisième idée est celle du vide existentiel. Beaucoup de personnes souffrent moins d’un trouble psychologique (comment leur psychée s’est construite et fonctionne) que d’un manque de direction (quel sens donner à l’existence). Elles ne savent plus pourquoi elles vivent, vers quoi elles avancent ou quelles valeurs donnent une unité à leur existence.

Sans vouloir pêcher pour ma paroisse, mon approche psychocorporelle, la somatothérapie, permet de travailler sur les dimensions psychologiques et existentielles à la fois. On ne peut pas se tromper de dimension. Je pose ça là 😉

Enfin, Frankl est aussi à l’origine d’une technique appelée l’intention paradoxale. Face à certaines peurs, il propose parfois d’arrêter de lutter contre elles, et même de souhaiter volontairement ce que l’on redoute. Cette attitude casse le cercle vicieux de la peur et permet souvent de retrouver une plus grande liberté.

On termine notre série la semaine prochaine avec cette question : en quoi Frankl est-il actuel encore aujourd’hui ?


Citation pas si simple : Modernité de Molière

Je mixe ici la citation et ma rubrique « Pas si simple » dans laquelle je décortique certains raisonnements simplistes.

Je vous ai partagé la semaine dernière un souvenir de classe de philosophie de terminale. Et cette semaine, c’est un souvenir de classe de français de 6e qui est remonté à ma mémoire. En particulier une scène du Médecin malgré lui de Molière.

Mais avant de vous dire quoi plus précisément, je vous livre le déclencheur : un passage du magazine Pleine Vie, d’octobre 2026. Dans le courrier des lecteurs, quelqu’un demande « pourquoi est-ce que je ne guéris pas de ma dépression ? »

Réponse du médecin : « […] Certains épisodes dépressifs sont parfois plus sévères et durables. Ils résistent aux traitements donnés en première intention, et persistent ou n’évoluent pas suffisamment favorablement. […] ».

Alors je suis un peu taquin, et je respecte les nombreuses années des médecins qui ont un mérite fou, mais là quand même, la tautologie est magnifique : pourquoi est-ce que je ne guéris pas de ma dépression ? Parce qu’elle est d’un type qui ne se guérit pas tout de suite…

De là m’est revenu Sganarelle du Médecin malgré lui. Pour rappel, un paysan se fait passer pour un médecin, à qui l’on présente une jeune fille qui ne parle plus :

GÉRONTE. Monsieur, c’est là sa maladie. Elle est devenue muette, sans que jusques ici on en ait pu savoir la cause […]

SGANARELLE, se tournant vers la malade. Donnez-moi votre bras. Voilà un pouls qui marque que votre fille est muette.

GÉRONTE. Eh ! Oui, Monsieur, c’est là son mal : vous l’avez trouvé tout du premier coup.

[…]

SGANARELLE. Nous autres grands médecins, nous connaissons d’abord, les choses. Un ignorant aurait été embarrassé, et vous eût été dire, c’est ceci, c’est cela : mais moi, je touche au but du premier coup, et je vous apprends que votre fille est muette.

GÉRONTE. Oui, mais je voudrais bien que vous me pussiez dire d’où cela vient.

SGANARELLE. Il n’est rien plus aisé. Cela vient de ce qu’elle a perdu la parole.

GÉRONTE. Fort bien : mais la cause, s’il vous plaît, qui fait qu’elle a perdu la parole ?

SGANARELLE. Tous nos meilleurs auteurs vous diront que c’est l’empêchement de l’action de sa langue.

GÉRONTE. Mais encore, vos sentiments sur cet empêchement de l’action de sa langue ?

SGANARELLE. Aristote, là-dessus, dit… de fort belles choses.

Le Médecin malgré lui, Molière, acte II, scène 4

Troublant de ressemblance, non ?

Je suis taquin, mais, à tout seigneur tout honneur, je reconnais qu’une réponse de ce type est, néanmoins, capable d’apaiser les souffrances d’un‧e patient‧e vis-à-vis de sa maladie, et que ça peut donc avoir une grande valeur. Mais d’un point de vue logique, quelle catastrophe !


Je conclus maintenant plus calmement que je n’ai démarré cette newletter dont l’introduction faisait penser à quelqu’un qui n’aurait pas pris sa médicamentation pour son TDAH. D’ailleurs, il se peut que ce soit un des thèmes de la prochaine newsletter. Hasard ? Non, je ne crois pas…

Bonne semaine à vous !


Fabrice Nowak, somatothérapeute à Montpellier

(ce que j’accompagne le plus ces derniers temps : les épreuves de vie non digérées, les deuils anciens comme récents, les migraines et l’anxiété généralisée)


Carnet d’avancement des lectures matinales
Le deuil ne se tait pas : p. 254/254 Enfin terminé. Tant que je n’ai pas fiché tous les anciens livres, je n’en démarre pas de nouveau.
Commentaires sur la vie : p. 130/1191.
Théo ou la batte de la victoire (en DVD) : épisode 20/100.


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